À Québec, le vélo électrique gagne en popularité dit-on. Mais que signifie cette soudaine vogue ? Un nouveau mode de vie ferait-il son apparition ou s’agit-il seulement d’une mode passagère ?

Ci-dessus : bicyclette assistée de marque Velec, modèle S3. Le casque (suspendu au guidon) n’est pas compris, mais obligatoire.
Photo : Claude Pelletier
Une mode ?
C’est en discutant avec les gens de Hype Ski Vélo, détaillant à Québec de vélos électriques, que j’ai appris qu’on y en avait vendu plus en 2010 qu’auparavant. Voulant en savoir plus, je me suis demandé quel type de clientèle s’en procurait et si cet engouement touchait seulement la région de Québec.
Chez Dumoulin Bicyclettes de Montréal, les ventes de vélos électriques sont stables depuis quelques années. À la boutique Vélo Branché, spécialisée à Montréal dans la vente des électriques, on corrobore. On suppose donc qu’il ne s’agit pas d’une simple mode.
La gros de la vague s’est produit à Montréal, comme dans d’autres villes de grande envergure, il y a plus ou moins cinq ans puisque les milieux fortement urbanisés révèlent l’avantage indéniable du vélo électrique sur le transport en commun, l’automobile et le vélo conventionnel. Que les gens de Québec, donc, se rassurent : ils ne sont pas en retard sur Montréal ! Disons simplement qu’ils sont moins urbanisés… 
Dans de plus petites villes, les vélos électriques ne sont souvent disponibles que sur commande. C’est le cas de la boutique T. F. Sport Impact de Caraquet, au Nouveau-Brunswick, pour qui la demande n’est pas suffisante pour tenir des électriques en inventaire. Pourtant, paradoxalement, son propriétaire raconte que, lors d’une visite d’un représentant d’un distributeur de vélos électriques, une cliente retraitée s’est tout de suite intéressée à la machine apportée à titre de démonstrateur… Ce fut le coup de foudre ! Elle s’en est immédiatement portée acquéreur ! Cela aurait-il été le cas sans démonstrateur en magasin ? On ne le saura jamais. Mais une chose est sure : en plus de leurs avantages pratiques, ces engins ont une certaine élégance et sont excessivement confortables et agréables à conduire. 
Portrait de l’acheteur
La plupart des acheteurs sont des gens de plus de 40 ans qui choisissent l’électrique pour deux raisons principales. D’abord, il permet de faciliter la remise en forme sans exiger excessivement d’un corps soumis, par exemple, à l’embonpoint ou au vieillissement (maux de genoux et de chevilles, arthrite, cœur fragilisé, etc.). Ensuite, il constitue un moyen de transport urbain très rapide qui réduit l’effort pour arriver au boulot frais et dispos par rapport au vélo sans assistance électrique. Deux avantages qui justifient de débourser les 1500 $ que coûtent généralement ces machines. D’ailleurs, le prix explique peut-être que les jeunes soient plus rares à s’en procurer…
Les inconvénients
À moins de ne servir qu’à des fins récréatives, le prix des électriques ne m’apparait pas un inconvénient quand on le compare à celui d’une automobile ou d’un cyclomoteur comme moyen de transport pour se déplacer au travail, par exemple.
Par contre, c’est un véhicule encombrant dont les dimensions et le poids peuvent décourager ceux qui vivent en appartement, faute de place ou faute de forces pour le monter dans les étages. En outre, tous les râteliers à vélos ne peuvent accueillir les vélos électriques à cause de leurs proportions.
Dernier point : le Code de la sécurité routière du Québec… En effet, le port du casque est obligatoire, il faut avoir plus de 14 ans et l’on doit détenir un permis de conduire pour circuler à vélo électrique si l’on a moins de 18 ans (voir ici). De plus, très certainement pour des raisons de sécurité, les conducteurs de vélos électriques ne sont pas tenus d’emprunter les voies réservées aux bicyclettes comme les autres cyclistes, ce qui exacerbe les enragés au volant qui s’imaginent être les propriétaires de la route… 
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