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Pas loin de 500 000 vélos sont «déclarés» volés en Amérique du Nord chaque année selon les statistiques, dont 15 000 environ au Québec. Mais qu’en est-il des efforts de notre société pour prévenir ce crime et encourager du même coup l’usage de ce mode de transport ?
Grandes entreprises, centres commerciaux, collèges, universités ou ministères : tous sont prêts à sacrifier des hectares d’espace urbain ou à dépenser des millions en excavation pour des «parkings» (de surface ou souterrains) pour l’automobile. Lesquels sont pratiquement toujours sous la surveillance d’un service de sécurité.
Mais on ne dépenserait pas 10 $ pour aménager un endroit sécurisé pouvant accueillir les vélos de plusieurs centaines de personnes qui fréquentent le même endroit chaque jour pour leur travail, leurs études ou leurs emplettes…
Le cas d’un centre commercial de Québec
Pour assurer la paix d’esprit des clients qui viennent magasiner ou travailler à bicyclette dans un important complexe commercial de Québec, j’ai suggéré récemment la création d’un «vestiaire» à vélo. Il s’agit, selon mon concept, d’une installation extérieure qui, au moins durant la «saison verte», pourrait être constituée d’un chapiteau extérieur et servir d’endroit où remiser sous surveillance sa bécane pendant sans emplettes ou ses heures de travail. Tout cela moyennant des frais mensuels ou à la journée selon que l’on veuille ou non s’«abonner» au service.
Madame X, une responsable haut placée du centre commercial, m’a rétorqué qu’il en coûterait beaucoup trop cher de louer un chapiteau pour une saison (se basant sans rire sur le fait qu’il lui en avait coûté 400 $ pour une journée lors d’un mariage !!) et que le salaire d’un agent de sécurité ou celui d’un ou deux employés attitrés à mettre en consigne les vélos coûterait une fortune… Sans compter les places de stationnement perdues ! Pour elle, il était impensable de soumettre cela au conseil d’administration, lequel m’est apparu composé de gens beaucoup trop réactionnaires et préoccupés par leurs retours d’investissements pour se soucier d’initiatives semblables.
Ce complexe serait-il au bord de la faillite pour refuser une initiative aussi originale que bonne pour son image ? Les membres de son conseil d’administration sont-ils aussi cons qu’elle le laisse croire ? Aucune réaction de sa part.
Croyez-vous, Madame X, qu’il en coûte aussi cher de louer (ou d’acheter !) un chapiteau pour une saison que pour une journée de mariage ? Que coûte l’entretien d’un espace de stationnement à l’année pour une voiture en comparaison de celui nécessaire pour un vélo ? Réveille, ma grande !
Attendez-vous, madame, que Montréal prenne les devant ?
Wôôô ! Là, on sent une réaction. On voit très bien que l’idée n’est pas bête et qu’une petite suggestion au CA pourrait être intéressante… Il faut savoir qu’à Québec (une ville d’à peine 500 000 habitants), on croit qu’il existe une rivalité avec Montréal (une aglomération d’au moins 4 millions d’habitants avec sa banlieue). Cherchez l’erreur…
Mais la manip’ a l’air de fonctionner. Reste à voir si la madame est une vraie «fille de Québec» qui prend cette idée délirante de rivalité au sérieux…
Constat
Il y a du chemin à faire au Québec pour accommoder les gens qui s’efforcent d’adopter de nouvelles habitudes plus respectueuses de l’environnement. Surtout avec une mentalité semblable à celle de madame X et de ses patrons…