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Téléphonie mobile : Symbian OS devient «open source» !
Programmation, Linux, Gadgets, Informatique, SociétéLe 4 février 2010, avec six mois d’avance en raison probablement de la montée fulgurante du système concurrent Android offert par Google, la Symbian Foundation rendait disponible le code-source du système d’exploitation le plus utilisé au monde sur les téléphones portables : Symbian OS. Mais cela suffira-t-il à Symbian pour soutenir la concurrence ?

La stratégie
Le système Symbian équipe plus de 330 millions de téléphones portables à travers le monde. «Au troisième trimestre 2009, […] Symbian détenait la première place du marché mondial des OS mobiles avec plus de 46 % des parts contre 20,6 % pour RIM/Blackberry, 17,8 % pour l’iPhone, 8,8 % pour Windows Mobile et un modeste 3,5 % pour Android lancé moins d’un an plus tôt. » [ Source : Silicon.fr ]

Prochaine version de Symbian sur un «touch-pad» de Nokia.
Pour assurer à Symbian sa position dominante, la compagnie finlandaise Nokia a mis sur pied en 2008 la Symbian Foundation chargée de distribuer librement et gratuitement le code-source du système. La stratégie consiste à conserver et à développer de plus grandes parts du marché en catalysant la production logicielle, en stimulant l’interopérabilité et en créant un sentiment d’appartenance parmi la communauté des développeurs et des utilisateurs.
« Désormais les développeurs pourront prendre, utiliser et modifier le code de Symbian pour n’importe quel appareil, que ce soit un mobile ou une tablette » a déclaré Lee Williams, directrice de l’exécutif à la Symbian Foundation.
Le code-source
C’est plus de 40 millions de lignes de code que la fondation a rendu public cette semaine. En comparaison, Android comprend 11 millions de lignes, le noyau Linux 11.5 millions et le navigateur Firefox environ 2 millions. Ainsi Nokia, comme contributeur principal de Symbian, s’affiche désormais parmi les chefs de fil de l’«open source»… du moins quantitativement.
Tout le code est sous licence EPL, l’une des moins contraignantes du marché. Pour le moment, 146 «paquetages» sont disponibles au téléchargement, chacun constituant une collection spécialisée de composants. Autrement, il est possible aussi de télécharger un «kit» de développement complet permettant de créer des logiciels ou des pilotes matériels.
La source du code de Symbian est fondée sur Qt, une bibliothèque logicielle basée sur le langage C++ qui a été développée par une filiale de Nokia. Qt permet, par simple recompilation, de porter de nombreuses applications sur de multiples plateformes telles Linux, Unix, Windows, MacOS et, bien sûr, Symbian. Pour votre information, l’environnement KDE, connu surtout sous Linux pour son système de fenêtrage, est lui aussi fondée sur Qt. D’ailleurs, grâce à Linux, une importante communauté de développeurs s’est développée sous Qt.
Même si Qt est réservé à la programmation du système d’exploitation sur Symbian, il est cependant possible d’utiliser d’autres langages ou «frameworks» pour y effectuer du développement logiciel, notamment .NET, Java ME, Python, Ruby et Flash Lite qui bénéficient d’une bonne visibilité sur la page d’accueil du site de la Fondation destiné aux développeurs : http://developer.symbian.org/.
Le défi
Tant Symbian que Android peuvent compter sur de larges communautés de développeurs qui sont issues principalement du monde Linux. Là-dessus, on peut difficilement dire que l’un soit désavantagé par rapport à l’autre. C’est le dynamisme de ces communautés et leur capacité de répondre aux attentes des utilisateurs qui feront la différence avec le temps.
En attendant, la stratégie de la Symbian Foundation et la position largement dominante de son système d’exploitation l’amèneront probablement à garder cette place pendant encore un bon moment.
Sources : Symbian Foundation, Silicon.fr, All About Symbian.com, BeGeek.fr