| « Victime d'injustice ? | Laurence d'Arabie » |
Qui n’a pas connu un jour l’inévitable : rabouter à qui mieux mieux un fil électrique coupé… Premier réflexe : sortir le bon vieux «tape électrique ». Mais il y a mieux !

Bobines de gaine thermorétractable.
L’usage du ruban gommé isolant ou «tape électrique» est ce qu’il y a de plus décevant et de plus détestable lorsqu’on raboute des fils : la finition est toujours moche et le produit vieillit très mal. À force d’être exposé à l’humidité, à la friction et à des températures qui dépassent la «zone de confort» de votre salon, il devient rapidement collant en surface, puis il se dessèche et il finit par se dérouler de lui-même, avec tous les risques que cela présente… Il n’y a qu’à penser au fil d’extension de la tondeuse à gazon électrique, rabouté l’année précédente, pour en avoir des frissons d’horreur. 
Mais il existe un produit qui garantit une finition impeccable, une isolation supérieure et une résistance accrue à nos raboutages : la gaine thermorétractable (ou «heat shrink»).

Les fils sont épissés aux extrémités. La gaine est enfilée avant de réunir les fils.

La gaine est glissée sur les épissures qui ont d’abord été réunies en les torsadant. Elle sera chauffée pour sceller chaque fil.

Enfin, toute la partie réparée est scellée avec une gaine qui sert de finition.
[Photos : Claude Pelletier]
Cette gaine est faite d’un polymère de la famille de la polyoléfine (qui comprend le polypropylène et le populaire PVC). Elle se présente sous la forme d’un tube caoutchouteux qui se décline en plusieurs diamètres (de quelques millimètres à quelques centimètres) afin de s’ajuster aux différentes grosseurs de fils du marché. C’est que la gaine thermorétractable ne se contracte pas indéfiniment lorsqu’on la chauffe. Elle obéit à un «ratio de rétractation», lequel est en général de 2:1. Cela signifie, par exemple, qu’un tube d’un diamètre de 64 mm ne pourra acquérir un diamètre inférieur à 32 mm (ratio 64:32, soit 2:1).
Ce tube est enfilé à l’extrémité épissée d’un des fils destinés à être raboutés. Ensuite, on réunit les fils en les torsadant, en les soudant au fer ou en utilisant un connecteur sans soudure. Personnellement, je trouve la soudure inutilement laborieuse. Je préfère torsader pour les petits câbles et utiliser le connecteur sans soudure pour les plus gros (ce qui renforce leur résistance à la traction).
Une fois les fils réunis, le tube est glissé sur la partie raboutée, puis il est chauffé à l’aide d’un briquet au butane ou avec un pistolet à air chaud (sorte de séchoir à cheveux super puissant qui sert souvent à décaper la peinture) de manière à lui faire épouser notre ouvrage.
C’est tout.
Si on compare la gaine à notre «tape», elle offre une résistance exceptionnelle aux températures extrêmes (de -40 à 125 degrés Celsius en général), à la friction, au feu (elle ne brûle pas), à la traction, à l’humidité et à l’attaque des produits chimiques hautement réactifs. Sans compter qu’elle présente une bien meilleure finition. ![]()
On trouve la gaine thermorétractable dans la plupart des boutiques de pièces électroniques (La Source, Maddison [à Montréal], Accès électronique, ÉlectroMike [à Québec], etc.). Je suggère, pour débuter, l’achat d’une trousse de gaines de différents diamètres. À La Source, par exemple, un «kit» coûte environ 10 $ (taxes comprises). Si vous vous rendez compte ensuite que vous n’utilisez que certains diamètres, l’achat de gaines en longueurs d’un mètre est plus économique. On les trouve toutefois seulement en boutiques spécialisées (comme Accès électronique, Maddison et ÉlectroMike).
Là-dessus, ne comptez sur votre premier essai pour obtenir un résultat impeccable. Je vous en parle d’expérience… ![]()