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Baptiser une plante relève du délire.
En surnommant ma potée de coffea arabica du sobriquet de «Laurence», je risquais gros (surtout si j’en parlais à mon médecin…). Mais j’ai succombé aux impératifs de la narration afin de proposer un titre accrocheur (?), qui fait accessoirement état de ma culture historique et cinématographique, pour vous entretenir du caféier !

«Laurence», au mois de février, alors que les plants commencent à multiplier les nouvelles feuilles après une période de «dormance» qui lui en a fait perdre quelques-unes. Notez le pot qui repose sur un lit de galets dans une profonde soucoupe… [Photo : Claude Pelletier]
Les feuilles du caféier, très lustrées et d’un vert profond, confèrent à la plante une dimension décorative indiscutable. En outre, sa floraison annuelle parfume son environnement d’une fraiche odeur de jasmin. Que demander de plus d’une tropicale qui s’accomode bien d’une place au salon ?
De l’humidité, surtout.
De la chaleur aussi (15 degrés et plus), mais pas autant que de l’humidité.
Pour s’éviter l’achat de couteuse quincaillerie pour humidifier, on dépose le pot de «Laurence» sur un lit de petits galets baignant dans l’eau au fond d’une soucoupe profonde (voyez l’image ci-contre, à gauche). Les galets se trouvent facilement dans les jardineries, voire même dans les animaleries !
Quand le caféier est exposé trop longtemps à de l’air trop sec, le bout de ses feuilles sèche et vire au brun. Mais pas de panique ! C’est souvent pour à peine trois ou quatre semaines d’un «hiver» en appartement (janvier et février), où l’air asséché par le chauffage fait ses ravages auprès de toutes vos plantes d’intérieur autant que de vos muqueuses nasales. Dans ce cas, vaporisez en attendant que le système de chauffage prenne du mou.

Illustration tirée du Dictionnaire encyclopédique Quillet de 1953.
Vers la mi-février, allez hop ! Un bon apport d’azote pour que Laurence se fasse des ailes ! En effet, le caféier exige beaucoup d’azote, notamment au printemps lorsque les jours s’allongent. Ma potée est jeune (un an) et je tente l’expérience avec de l’engrais pour orchidées (25-10-10). Wouf ! Le résultat est spectaculaire : les feuilles un peu blafardes virent au vert profond, leur lustre s’accentue et de nombreuses feuilles et ramifications commencent à apparaitre. Je me dis que ça ne sera peut-être pas cette année que j’aurai du vrai «café-maison», mais c’est bougrement bien parti !
Oh ! Mais si votre arbuste fleurit, petit veinard, apportez-lui immédiatement une bonne dose de phosphates pour en tirer des fruits. Les fruits (que l’on nomme «cerises») apparaissent rapidement après la floraison. C’est la graine (ou noyau) de ce fruit qui est grillée (toréfiée) pour en faire du café.
Comme il est difficile de partir un caféier de la semence (surtout si elle est toréfiée
), je suggère fortement d’acheter un spécimen en jardinerie. On en trouve même dans certaines épiceries qui comportent une section réservée aux plantes d’intérieur ! ![]()
Pour en savoir plus :
Le caféier du Liberia: sa culture et sa manipulation; par V. Boutilly; Éditions BiblioBazaar, 2008.