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Récipiendaire de nombreux prix à travers le monde, le film « J’ai tué ma mère » qui fait tant parler de Xavier Dolan-Tadros, son (très) jeune auteur et acteur principal, suggère qu’il s’agit d’un chef d’œuvre incomparable… Mais, honnêtement, je suis resté sur ma faim. C’est d’ailleurs une chance que ce film n’ait pas été choisi pour représenter le Canada aux Oscars.
Synopsis du film
Hubert, 16 ans, ne supporte plus Chantale, sa mère. Tout en elle l’irrite, depuis son comportement un rien vulgaire jusqu’à sa garde-robe de mauvais goût. Mais le garçon a beau l’accabler de reproches, celle-ci feint l’indifférence ou s’abandonne au jeu de l’engueulade, le temps d’un éclat vite oublié. Lorsqu’il lui annonce son projet de quitter la maison pour aller vivre avec son meilleur ami Antonin, elle cède sans réfléchir, mais quelques jours plus tard, elle se dédie. Ne vient-elle pas d’apprendre, par la maman d’Antonin rencontrée par hasard, que leurs fils sont amants? Lorsque Hubert, furieux, fugue et trouve abri chez une enseignante sensible à sa cause, Chantale, de guerre lasse, se tourne vers le père du garçon afin qu’il l’aide à faire entendre raison à leur fils. [ Source : cinoche.com ]
Sur Xavier Dolan-Tadros
[Fils du comédien Manuel Tadros,] Xavier Dolan a écrit le scénario [du film] à 17 ans. Il a investi toutes ses économies dans la structure financière du film et recruté lui-même les comédiens. La Société de développement des entreprises culturelles du Québec (SODEC) l’a financé par la suite […]. Il signe la réalisation du film en plus d’y jouer le rôle principal. [ Source : Wikipédia ]
Mon avis
La photographie est très belle, le rythme des scènes est dynamique, bref on ne parle quand même pas d’un film complètement raté soporifique. Mais le jeu de Dolan qui incarne «Hubert», un adolescent criard en pleine crise existentielle sur fond d’homosexualité naissante et de bitchage de sa mère un peu trop passive pour être crédible… j’accroche pas.
Les crises constantes et quasi hystériques de cet enfant-roi de 16 ans deviennent rapidement très agaçantes, d’autant plus qu’on saisi mal la raison d’une telle hargne. En outre, je suis déçu du personnage de la mère qui est incarnée par Anne Dorval. Elle qui nous a toujours présenté des personnages qui sont forts de caractère, incarne ici une vraie chiffe molle. Face à un personnage comme Hubert, ce n’est pas crédible. Avec Dorval jouant la mère, le titre du film aurait dû être « J’ai tué mon fils » !
On aborde beaucoup de sujets sensibles (homosexualité, familles mono-parentales, jeunes laissés à eux-même, etc.), mais sans jamais quitter la surface… En fait, rien n’est crédible dans le scénario, parce que tout est trop superficiel et invraisemblable à plusieurs chapitres. C’est immature.
C’est là que j’en viens à parler de la représentation du Canada aux Oscars. Les Oscars sont plus qu’une remise de prix au cinéma d’auteur. Les Oscars, c’est le pouls de l’industrie cinématographique mondiale. C’est là qu’on fait valoir sa capacité à relever les défis financiers du milieu tout en faisant preuve de maîtrise artistique. Or, le Canada aurait eu bien du mal à faire valoir sa position avec l’œuvre de Dolan, ce qui aurait été très fâcheux compte tenu des enjeux que cela représente pour l’industrie cinématographique canadienne.
Cela dit, je suis très impressionné des résultats obtenus par Monsieur Dolan-Tadros avec son film, considérant notamment le peu de moyens et de crédibilité dont il disposait au départ. Sacré tour de force ! Mais les Américains, eux, s’en fouent.